Une culture générale de l’internet...
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Auteur de l'article : Antoine Lebran

Twitter, mine d’or du journaliste ?

L’apparition récente des nouvelles technologies de l’Information et de la Communication a radicalement bouleversé notre manière de vivre. Actuellement, Internet est au cœur de notre société et il est devenu très difficile de s’en passer. Ainsi, le métier de journaliste ne déroge pas à la règle et s’est vu profondément remanier. Et bien que la profession ait perdu de sa force depuis l’apparition des nouvelles technologies, ces dernières ont créé des outils devenant incontournables pour tout journaliste qui se respecte. Ces outils ne sont autres que les réseaux sociaux, avec Twitter en tête de gondole. Ces derniers prennent de plus en plus d’importance dans notre société où la communication est mise en avant. Bien que certains les considèrent comme une menace au journalisme, nous allons voir comment et pourquoi ils sont devenus si importants en l’espace de quelques années.

Mais avant toute chose, c’est quoi un journaliste  ? Et bien c’est très simple ! Etre journaliste, c’est être un intermédiaire entre un événement, qui peut être un fait ou une idée, et un public, qu’il soit lecteur, auditeur, téléspectateur ou internaute. Mais tout fait ou idée n’est pas destiné à devenir un événement et c’est au journaliste de discerner le fait ou l’idée qui deviendra événement. Ce dernier entretien donc des rapports particuliers avec ses sources et son public. Longtemps considérée comme la seule garante de la liberté d’expression, la profession de journaliste a depuis été remise en question. Comme nous l’avons déjà énoncé, l’arrivée récente des nouvelles technologies de l’information et de la communication n’y est pas étrangère et a mise à mal le statut de journaliste. Les médias font en effet de plus en plus l’objet de nombreuses contestations depuis l’apparition des réseaux sociaux. Aujourd’hui, le journaliste ne dispose plus du pouvoir qui était sien, ce dernier fabriquant de moins en moins l’opinion publique. A l’heure où chacun de nous peut devenir rédacteur en chef de son propre "blog", l’évolution technologique a radicalement transformé les rapports des journalistes à leurs sources et leurs publics. Cependant, nous aurions tort de penser que l’avènement d’Internet et de tout ce qu’il comporte marque la fin ou plutôt le déclin du journalisme. Au contraire, l’explosion des réseaux sociaux fait naître une véritable révolution dans le métier. Avec une plateforme d’échanges virtuels telle que Twitter, tout le monde peut devenir un centre relais d’informations plus qu’utile à la profession.

Mais vous ne savez pas ce qu’est Twitter ? Pas de panique ! Voici un rapide portrait de ce réseau social tant important. Twitter est « un service web de microblogging, permettant aux utilisateurs de bloguer grâce à des messages ultras courts, de 140 caractères au maximum. » Autrement dit, c’est une plateforme virtuelle, située à l’intérieur d’internet, où tout un chacun peut envoyer des courts messages ne dépassant pas 140 caractères. Et c’est précisément grâce à cette limitation que ce réseau va prendre toute son importance. Même si ces micro-messages ne permettent pas d’avoir le même niveau de profondeur qu’un blog traditionnel, la limite de caractères nous oblige à être concis et surtout précis dans nos propos. Et rappelez-vous, un journaliste doit discerner le fait ou l’idée qui deviendra évènement. Or, c’est précisément ce qu’oblige Twitter à ses utilisateurs de par sa limitation de caractères ! Ces derniers étant chaques jours un peu plus nombreux, ils sont soumis à une avalanche continue et sans fin d’informations. Du pain bénit donc pour les deux tiers des journalistes présents sur ce média qui voient en ce dernier une véritable mine d’or.

 Mais comme vous le savez sans doute, tout ce qui est présent sur Internet n’est pas bon à prendre et Twitter n’échappe pas à la règle. Comme toute autre source d’information que ce soit des documents, conseils anonymes, communiqués de presse, conférences de presse, interviews, bases de données et bien d’autres, il peut tant fournir des informations précieuses que des mensonges délibérés ou des erreurs. Nous allons donc voir ci-après quelques techniques de vérification de sources que nous pouvons trouver sur internet. Il est tout de même à noter que certaines techniques peuvent être réutilisées hors Internet, lorsque les journalistes sont sur le terrain.

Tout d’abord, utiliser régulièrement Twitter reste le meilleur moyen pour comprendre son fonctionnement et l’utiliser efficacement. Par exemple, en vérifiant régulièrement un compte, vous serez plus en mesure de juger de la fiabilité ou non de cette personne suivant ses micro-messages postés. En outre, il est également important d’examiner le profil de la personne dont un tweet vous semble intéressant. N’hésitez donc pas à jeter un rapide coup d’œil à l’historique de ses messages ainsi qu’à ses « connexions », c’est-à-dire les gens que la personne suit mais également ceux qui la suivent. Avez-vous une connaissance en commun ? Les principaux sujets évoqués sont-ils semblables au message vous intéressant ? Ces quelques pistes vous permettront sans doute de réaliser un premier écrémage.
Pour aller plus loin et mettre toutes les chances de votre côté pour ne pas tomber sur une erreur ou un mensonge, n’oubliez pas d’évaluer le contexte ! A quel moment le message a-t-il été envoyé ? Si ce dernier l’a été plus ou moins immédiatement après un événement, il y a des chances qu’il s’agisse d’un témoin oculaire. Si ce message est posté quelques heures plus tard, il aura pu être écrit par rapport aux différentes choses lues et entendues dans les médias et les réseaux sociaux. Vous semblez avoir identifié un témoin oculaire ? N’hésitez pas à aller vérifier si ce dernier a posté des photos. Le manque de photos ne signifie pas nécessairement qu’il n’était pas là, mais les photos peuvent aider à valider. Enfin, pensez à vérifier la géolocalisation de ce message ! Sa crédibilité sera accrue si celui-ci a été posté à partir de l’emplacement de l’évènement. Un endroit lointain susciterait déjà plus de questions. En effet, même si la personne peut envoyer des informations exactes, ces dernières ont sans doute été obtenues indirectement grâce à un média ou autre.

Course poursuite vue depuis Twitter

Mais Twitter n’est pas uniquement une moissonneuse recrachant toutes les informations disponibles dans un temps quasi immédiat. A l’heure où les vieux médias vacillent, le réseau social peut également servir à diffuser ses articles et faire connaître son travail. Le terme de « mine d’or » prend alors tout son sens ici, Twitter pouvant permettre à lui seul la création d’un média grâce à sa grande diversification. Bien que cela se réduise souvent à un simple message annonçant le titre et éventuellement un bref descriptif de ce qui est présent sur le site, une grande part du trafic est désormais générée par les réseaux sociaux. Selon le directeur du pôle numérique du Guardian, plus de 30 % du trafic vers le site provient des réseaux sociaux, dépassant ainsi Google Actualités.

Les médias considèrent donc les réseaux sociaux dans une logique de complémentarité, ceux-ci influençant grandement l’audience. Et si la dimension interactive est tout de même recherchée, elle ne se fait que très peu sur Twitter et souvent grâce à un « animateur de communauté ». Celui-ci n’est généralement pas un journaliste, et entretient plus une logique de marketing qu’une logique rédactionnelle. Ce dernier devenant de plus en plus important, je laisserais vous tourner vers l’article très intéressant de Miguel Karam à ce sujet.



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