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Auteur de l'article : Maxence Raoux

[Article]Peut-on considérer Internet comme une drogue ?

Je vais donc dans cet article vous parler de la drogue. Mais pas n’importe laquelle. Une drogue facile d’accès, et dans laquelle on peut plonger très facilement. Pourquoi ? Parce qu’on peut se la procurer pour 19€/mois seulement, facilement et légalement ! Mais on peut aussi y avoir accès gratuitement à l’université, au travail, dans les jardins publics… C’est donc une drogue bien particulière dont je tiens à vous parler aujourd’hui, celle d’internet.

Contrairement aux autres drogues, que vous consommez dans la vie de tous les jours, où tout le monde prend le parti de dire que « c’est le mal » que « c’est pas bien » que ça rend tout mou et les yeux tout rouge et que ça réduit les performances sexuelles. Internet lui, en tant que drogue, partage les gens. Il y a une partie des gens, qui vont vous dire qu’ils ne sont pas sortis de chez eux depuis un mois, qu’ils ont un nouveau PC à installer, donc pas que ça à faire que de répondre à des questions stupides, et que de toute façon ils ne voient pas le rapport, et d’autres au contraire vont approuver avec pleins d’arguments et schémas à l’appui. Interloqué par cette deuxième partie obscure de la population, je décidais de mener l’enquête. Se pourrait-il qu’internet soit vraiment une drogue ? Suis-je moi-même drogué ? Combien de gens sont aujourd’hui des drogués d’internet ?


Je suis donc rentré en contact avec la partie de la population non contaminée. Je me suis pour ça tourné vers un psychologue, une psychologue en l’occurrence, qui a eu l’amabilité et la gentillesse de prendre sur son temps pour répondre à mes questions. Tout d’abord il fallait me clarifier les idées sur ce qu’est la drogue en général, ce qu’est un drogué ou encore ce qu’est la dépendance. Ainsi en voici une définition résumée provenant directement de mon interview.

« La dépendance est une relation de besoin à quelque chose et non de désir. (…) Une personne dépendante ou droguée est une personne ayant une fragilité psychique qui a un moment a été palliée, compensée par l’usage de sa dépendance, de sa drogue. (…) Le manque apparaît quand le besoin n’est pas satisfait ».

Face à cette définition je restais assez perplexe. En effet internet n’est pas vraiment un besoin, on peut s’en passer, c’est un outil qui facilite la vie de tous les jours, annuaire, météo, carte, ou pour n’importe quelle recherche d’informations, le tout gratuitement la plupart du temps. Donc pas de coût à part pour la vie sociale bien que Facebook et IRC soit là pour combler un peu le trou béant.

Dès le plus jeune âge nous nous
drogons
nous surfons
sur internet

D’ailleurs il en est de même pour tout ce qui est réseaux sociaux ainsi que les jeux en ligne, ce n’est pas un besoin à satisfaire mais un désir. De plus il n’y a pas de sensation de manque, ou de souffrance comme un réel drogué peut en avoir, quand un geek-no life de l’internet s’occupe à autre chose, en supposant bien sûr que cette chose soit plus intéressante qu’internet (Si si ça existe, je crois), il n’a aucune sensation de manque. C’est donc à peu près avec ces mots, sûr de moi et de ma riposte, que j’ai répondu à ma psy. Sa réponse ne fut pas sans vigueur, j’étais parti sur l’idée qu’internet était une drogue, et que son effet était présent du moment qu’on y touchait, un peu comme les drogues que nous connaissons. Mais internet est plus subtil que ça, en effet, chez certaines personnes, internet peut devenir un réel moyen de compenser un manque, et permettre à l’usager d’oublier tous ses problèmes IRL (n.d.a : IRL=In Real Life). On reconnait les personnes "atteintes" par cette forme d’addiction car sans leur drogue et donc sans internet, inconsciemment :

« La personne peut devenir agressive, critique, pessimiste, hyperactive ou au contraire dépressive. (…) Elle peut aussi compenser par une nouvelle dépendance. (…) Le soucis est de savoir si (...)(la personne) se réadapterais sans problème, sans compensation, à une vie sans internet définitivement »

Pour imager tout ça prenons l’exemple d’une personne quelconque possédant une connexion à internet ainsi que des mitaines et chaussons chauffant USB.

"Internet m’a dit de le faire"
Nous le nommerons pour plus de clarté : Rodolphe. Enfermons-le dans un monde sans connexion internet. (J’ai un peu les mains moites en écrivant ces lignes). Au début notre cher cobaye commencera à s’occuper autrement, sport par exemple (c’est là ou je me rends compte que je n’ai pas beaucoup d’exemples à donner !). Deux possibilités s’offrent à notre pauvre Rodolphe. Ou il s’adapte à sa nouvelle situation et dans ce cas là on ne le considère pas comme drogué d’internet, mais pas d’internet, pas de free, et sans free Rodolphe il n’a pas tout compris (je demande au lecteur de bien vouloir m’excuser pour cette blague vaseuse.). Ou alors il est vraiment dépendant d’internet. Dans ce deuxième cas, deux options s’offrent à lui. Ou il trouve une activité pour compenser le manque occasionné (mais ça risque d’être difficile à imaginer car il a un vide un énorme vide à combler dans son planning habituel). Ou, plus probablement, il se morfond et se retrouve avec une sensation de manque envers tous les services que lui offrait internet et qu’on lui a, je vous le rappelle, injustement supprimé sans raison (à part s’il téléchargeait illégalement en peer to peer, dans ce cas là, évidement, la loi Hadopi s’applique).
Mais quand on connait tous les services qu’offre internet. Ce manque n’est-il pas expliqué... Quel dictionnaire fait mieux que Wikipedia ? Quelle bibliothèque est plus complète qu’internet ? Quel magasin possède autant de films, vidéos amateur, clips musicaux, court métrages et musiques (et films avant leurs sorties en qualité dvdrip) ? Comment rester en contact facilement avec tous ses amis ? Quelle carte est plus complète que Google map ? Comment envoyer un courrier en instantané ? La liste est longue... Mais en bref, comment se passer d’internet aujourd’hui, maintenant qu’on y a gouté !?
Logo de google

C’est dans cette optique que je suis arrivé à la conclusion que, dans un sens, nous sommes tous un petit peu dépendant aujourd’hui d’internet. Bien que chez certain la sensation de manque seras moins importante que d’autre en fonction des services qu’ils utilisent ou connaissent. Pour en revenir au terme du sujet initial, "les drogués d’internet". Il est selon moi non applicable à toute la "population internet". Seulement quand on en vient à changer sont statut Twitter, rafraichir sa page Facebook et ses emails toute les minutes et passer le temps intermédiaire sur des jeux en ligne ou à regarder des vidéos en streaming, oui on peut se considérer comme drogué (désoler Rodolphe). Ainsi je pense qu’il faut vraiment « consommer » internet de manière excessive pour être considéré ainsi. Sans partir dans l’exagération de l’exemple précèdent je pense que "les symptômes" d’un drogué d’internet est un manque de vie social important, une tendance à vouloir être connecté à internet partout et tout le temps mais surtout un temps passé sur internet largement trop important pour être considéré comme "utile" à la vie de tout les jours de l’utilisateur (En terme de travail, d’informations ou de loisirs). C’est mon très chère collègue Martin qui dans son article nous donne peut-être un moyen pour s’en sortir


Source :
Dependance : Article permettant de juger à partir de qu’elle limite internet peut être considéré comme une drogue.
Centre Spécialisé : Article du figaro parlant de centres spécialisés pour les drogués d’internet aux État-Unis.
Cas de Facebook : Article traitant du cas particulier de Facebook et des réseaux sociaux.
Wikipedia
Larousse/



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