Une culture générale de l’internet...
UGA - 2018-2019 - Filipe Ferreira
contact@filipeferreira.com
Version imprimable Enregistrer au format PDF
Accueil du site > DLST Mag’ > L’art et le piratage > Pirates d’internet : jusqu’au bout de l’art ?


Auteur de l'article : Taylor Oliver

Pirates d’internet : jusqu’au bout de l’art ?

Le piratage... Un mot qui fait l’actualité, non je ne parle pas des pirates en mer, je parle bien sûr des pirates sur internet. Le monde de l’art a radicalement changé depuis qu’Internet s’est popularisé. Nous avons désormais accès à toute sorte d’images, musiques, films, séries télé, en toute facilité. Les chiffres le montrent : le piratage d’œuvres illégalement sur internet est très élevé partout dans le monde, par exemple, selon un article du Journal du Net, 25% des internautes français qui téléchargent des vidéos le font illégalement, mais dans des pays comme la Chine ou l’Indonésie, environ 90% de la part du marché de la musique ou des films sont téléchargés illégalement. Le problème semble donc conséquent pour les artistes. En France, la loi Hadopi fait rage, pour beaucoup, le répression n’est pas la solution, et internet même n’est pas forcément un problème si l’on peut le maitriser. Mais l’inquiétude est toujours là pour les artistes en tout genre, il faudrait donc se demander, est-ce que le piratage de l’art sur internet signifie vraiment la fin de l’art comme on le connait ? Le titre de cet article, un jeu de mot sur un film avec de vrais pirates sorti récemment et qui à sûrement été téléchargé des millions de fois, pose la question ; Pirates d’internet : jusqu’au bout de l’art ? Pas si simple…

Le piratage est-il vraiment mauvais pour les artistes ?

JPG - 94.8 ko
La fin des disques ?
Image de limowreck666

Des études sérieuses récentes nous disent que les ventes de disques, si nous restons sur le sujet de la musique, ne baissent pas avec le téléchargement, selon une étude canadienne, les ventes de disques augmentent même de 0,44% dans leur pays grâce au fait que les personnes téléchargent de la musique. Mais globalement, les ventes de disques baissent. Cela ne veut pas dire que les artistes perdent de l’argent, selon cet article de Numérama, 732 millions de dollars ont été distribués aux artistes et compositeurs américains en 2007, soit une augmentation de 8% par rapport à l’année précédente, et un record historique en plus. Cependant, il est bien évident que c’est surtout les artistes déjà populaires qui peuvent peut être dire que le piratage ne leur nuit pas, car pour de nombreux autres cas, la vente d’un disque est impérative. Les concerts et quelques ventes de disques ne suffisent pas pour de nombreux chanteurs et groupes qui veulent tout simplement vivre de leur travail. Mais il ne faut pas pour autant dire que c’est la fin pour tout ces artistes. Internet est un outil que la plupart des artistes utilisent pour promouvoir leur productions, nous allons voir tout de suite des exemples où internet (et même les pirates) ont permis à certains de trouver le succès qu’ils voulaient

Différents artistes, programmes, etc... ont du succès grâce à internet et ses pirates

JPG - 106.9 ko
Ross, membre du groupe Ok Go
Image de yuan2003

Le premier exemple sera sur un groupe américain qui se nomment « Ok Go » qui ont réussit à trouver le succès sur internet grâce à des vidéos sur le site Youtube. Ils ont en effet lancé une compétition envers les internautes pour reproduire à leur façon la chorégraphie d’un de leurs clips. Le résultat à été très étonnant, avec des vidéos visités par millions, et des « tonnes » de vidéos postés par leurs nouveaux fans. Leur interview sur le site Ecrans pourra mieux vous éclairer sur leur succès et leur vision de l’art sur le web. Si ce premier exemple montre un groupe qui a su bien utiliser internet, les deux prochains exemples sont encore plus surprenants puisqu’ils sont dues entre autres au piratage des œuvres. Le premier est celui d’un groupe qui s’appelle Barcelona. Selon cet article, ce groupe à vu leur ventes de disques et de places de concerts augmenter suite à l’utilisation illégale d’une de leurs chansons dans une vidéo sur le site Youtube. Aujourd’hui vue plus de 3 millions de fois, le groupe à ainsi accepté l’utilisation de leur musique sur cette vidéo, qui ont réussi à trouver le succès tout en sauvant de l’argent sur de la promotion qu’ils n’ont pas eut besoin de faire. Néanmoins, si Internet peut amener le succès, on peut se demander s’il permet cela à long terme, ou si ce ne sont pas juste des succès éphémères qui s’oublieront dans quelques temps... Si ces phénomènes sont peut être encore trop récents pour pouvoir connaître cette réponse, le dernier exemple qui suit, certes assez connus montre la possibilité d’une réussite à long terme. Il s’agit de la série télévisée Battlestar Galatica, qui après avoir diffusé leurs premiers épisodes au Royaume-Uni et en Irlande en 2004, à été piraté en masse sur les réseaux P2P (« peer to peer », ou poste à poste). Ce piratage est suspecté d’avoir permis un énorme gain d’audiences lorsque la série est apparue quelques mois plus tard aux États Unis, avec 3,1 millions de téléspectateurs, une des meilleurs audiences pour la chaine Sci-Fi qui l’a diffusé. Par la suite, la série à continué son ascension jusqu’en 2009 à l’arrêt de la série.

Internet ouvre de nouvelles opportunités aux artistes

Si ces exemples sont assez rares pour le moment, et permettent de dire que globalement, Internet et ces pirates font du mal à de nombreux artistes, il faut toutefois savoir qu’Internet, c’est aussi un outil de diffusion qui n’a pas d’égal aujourd’hui. Internet permet de tester des produits que beaucoup n’auront surement pas achetés et donc même pas écoutés ou visionnés. Il permet la promotion, comme le font beaucoup d’artistes qui ont leur propre sites Facebook, MySpace ou Twitter. Il permet une interaction plus directe avec les fans. En fait, Internet, c’est une arme à double tranchant comme le dit Évelyne Cermolacce, dont l’interview que j’ai effectué avec elle se trouve ici. Il permet en effet une nouvelle forme de promotion et d’interaction avec les internautes qui ne peut être égalé nulle part ailleurs, mais c’est aussi une baisse de revenus et de ventes pour les industries de ventes de disques, films, etc... qui ne peut être négligé, et pour de nombreux artistes, c’est une difficulté en plus pour vivre de leur art. La loi Hadopi en France, vise à réprimander ceux qui téléchargent illégalement, à créer une règle du jeu, mais personne aujourd’hui ne veut ignorer Internet qui est un formidable outil pour promouvoir la musique et autre arts, alors si la répression n’était pas la solution ? Et s’il fallait juste s’adapter à cette nouvelle ère qu’est Internet ?

Le monde artistique s’adapte à internet et le piratage

Nous l’avons vus précédemment avec la multiplication des sites type Facebook, les artistes commencent à s’adapter aux nouvelles demandes qu’apporte Internet. Mais la meilleur façon pour faire face au piratage, c’est peut être de proposer soit gratuitement, soit à bas pris, soit une portion du travail de l’artiste, en ligne. Car si de nombreuses personnes téléchargent sur Internet, de plus en plus le font légalement, si c’est possible. Les programmes comme iTunes sont un parfait exemple de ce succès. Les artistes peuvent aussi proposer sur leur propre site, leur productions comme le fait le site de Christian Vander. De plus en plus s’attaquent au piratage, comme ce dernier exemple avec Epix et Hulu aux États Unis, qui proposent gratuitement des films et séries télévisés sur Internet. On peut donc penser qu’Internet au final, c’est le signe des temps qui changent, il est parfois possible de s’adapter, de concurrencer le piratage, avec plus ou moins de succès qu’avant, il arrive aussi que certains s’effondrent parce qu’ils ne peuvent plus vivre de leur art. Mais, n’était-ce pas toujours le cas ? Le piratage, jusqu’au bout de l’art ? Non, c’est plutôt, vers un art nouveau, pour le meilleur et le pire.

JPG - 135.5 ko
Pirate !
Image de Bill McIntyre



Suivre la vie du site RSS 2.0 | Contact | Mentions légales | Crédits