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Auteur de l'article : Fatima Drissi

Un danger grandissant sur Internet

Comme beaucoup de ses camarades, votre enfant passe beaucoup de temps sur Internet, mais êtes-vous seulement au courant des dangers qu’il peut y rencontrer ? Le principal étant de se confronter à la violence.

Comment peut-on définir cette violence ?

La violence est une force brutale exercée contre quelqu’un. Elle décrit un comportement agressif, non amical, non pacifiste, autrement dit une contrainte imposée à autrui, qui provoque de la douleur et de la peine. Cependant, la violence n’est pas perçue de la même manière par tous les individus. En effet, certains actes peuvent paraître violents et choquants pour certains et, au contraire, en amuser d’autres. Internet contient différentes formes de violence que l’on peut classifier ainsi : la violence verbale, la violence par les actes, et celle à caractère sexuelle. Mais elles peuvent être complémentaires.

La violence verbale

Un univers de violence dans lequel règne un humour cruel propre aux adolescents se propage sur des sites de plus en plus nombreux, diffusant ainsi des contenus crus et sadiques. On y retrouve des propos haineux, fanatiques, à caractère raciste ou encore sous forme de satire. D’autres contenus peuvent, quant à eux, sembler inoffensifs, mais contribuent en fait à créer chez les jeunes une culture qui considère acceptable la cruauté envers les autres. Or il se trouve que ces fameux sites jouissent d’une grande popularité chez les jeunes. Ces derniers peuvent aussi se retrouver sur des sites dans lesquels on commence par se moquer de l’apparence physique des autres pour finir par s’attaquer aux groupes ethniques minoritaires ou aux homosexuels. Ce moyen est d’ailleurs utilisé par des groupes haineux qui trouvent leur recrus en utilisant courriels et discussions privées ou encore en cachant des mots-clés dans leurs pages de manière à apparaître dans les résultats des moteurs de recherche.

Ces groupuscules se servent aussi de chansons aux paroles choquantes toujours pour chercher à rallier des jeunes à leur cause. En effet, les adolescents étant régulièrement à la recherche de musique sur Internet, ils peuvent facilement tomber sur des sites qui vendent, ou proposent, des productions de ce genre. C’est ainsi que, d’un simple clic de souris, ils peuvent télécharger de la musique aux paroles très violentes souvent censurées dans les disques vendus en magasin. Les vidéoclips ne sont pas non plus à l’abri de cette forme de violence.

Apparaît également un nouveau phénomène, la « cyberintimidation », qui consiste, par exemple, à menacer ou insulter la victime par email, messagerie instantanée, voir même via un site Web. Des personnes malveillantes peuvent aussi, et ce, souvent sous une fausse identité, faire circuler des commentaires agressifs visant à blesser une personne.

La violence par les actes

À une époque où l’Internet s’est largement répandu dans les domiciles, les adolescents vont utiliser ce moyen de communication moderne pour se distraire. Ainsi, ils vont souvent surfer sur des sites web de jeux en ligne, qu’ils soient gratuits ou non. Il se trouve que, là aussi, le danger est présent. La violence s’est insérée dans ce monde, censé être ludique, par l’essor de jeux dans lesquelles elle s’est largement répandue. Ces jeux consistent, pour une grande partie d’entre eux, à combattre « l’ennemi » par tous les moyens, dans le but de l’éliminer. Les scènes y sont alors d’une grande violence mais attirent tout de même un certain nombre d’adolescents. Effectivement, alors que la violence va repousser certaines personnes, elle va en fasciner d’autre. C’est ainsi que des sites, très fréquentés, sont considérés par beaucoup comme anodins alors qu’on y trouve des contenus inquiétants tels que des images de tortures, de mutilations, de scènes de mort, de démembrement, et même des images réelles d’accidents graves. La violence se révèle être parfois « spéciste », c’est-à-dire dirigée contre une espèce autre que celle des humains. L’enregistrement vidéo de torture d’animaux mis en ligne en est une illustration frappante.

Gifles, bagarres ou vrais combats, la violence sur vidéo circule également entre copains via portable et finit souvent sur un blog où l’on se moque de la victime, impuissante. Prenons l’exemple du « happy slapping » (Vidéo-baffes) : cela consistait au départ à surprendre un inconnu par une gifle et filmer sa réaction. Ce « jeu » a vite dégénéré et laisse maintenant place à des agressions plus graves dont le seul but est d’obtenir des vidéos violentes et de les diffuser sur Internet. Des vols ou encore des viols sont devenus l’objet de cette pratique. Cela est d’autant plus préoccupant que les nombreux adeptes du happy slapping n’envisagent ni la souffrance que la victime peut endurer ni le traumatisme engendré.

La violence à caractère sexuelle

Pour la plupart des ados, le Net est un moyen simple de faire des rencontres. Des milliers de pédophiles en profite pour envahir les tchats, les mails et les messageries instantanées en prenant une fausse identité, se faisant passer pour l’un des leur, et entrent ainsi aisément en contact avec eux. L’anonymat, spécifique à Internet, tend à favoriser les confidences et les révélations intimes. Les prédateurs usent de cela pour établir rapidement une relation de confiance. Ils entretiennent de longues correspondances, soutirant des informations personnelles puis proposent une rencontre. Beaucoup d’enfants, qui manquent de jugement et d’expérience, tombent dans ce piège, croyant trouver en ce personnage « virtuel » un ami. Cela peut déboucher sur une tentative d’agression physique, parfois même sexuelle. De plus, des individus mal intentionnés exploitent les photos ou les données personnelles, qu’un enfant aurait laissé sur un blog, pour les intégrer dans une photo pornographique, afin d’assouvir leurs perversités. Une certaine prise de conscience est d’ores et déjà née. Les spots publicitaires réalisés par l’organisation non gouvernementale Action Innocence, en reflètent un aspect. Vous pouvez visualiser ici l’un des spots de cette campagne de sensibilisation.

Des images défilant sur le Net peuvent aussi choquer. L’internaute peut se retrouver face à un site de charme contre sa volonté : en tapant un simple mot-clé qui peut sembler innocent, en cherchant un site sur un moteur de recherche, lors d’une erreur de frappe en tapant l’adresse d’un site, en cliquant sur un lien, ou encore en téléchargeant films et musiques. Ces images pornographiques, de type SM, pornographie enfantine ou même zoophilie, sont aussi diffusées par mail ou popup (fenêtre qui apparaît brusquement). Bettahar Ouidade nous parle dans une interview de ce problème d’apparition d’images violentes contre son gré : « En fait ce qui était le plus violent c’est que je ne m’attendais pas du tout à ça, car j’étais dans une thématique très fleur bleue et je me suis retrouvée, sans m’y attendre, avec une image effrayante. »

Il existe des moyens de protéger au maximum vos enfants, comme l’utilisation de filtres. De plus, il est important de communiquer avec eux de manière à ce qu’ils n’aient pas peur de demander votre aide chaque fois que quelque chose les effraie ou les met mal à l’aise. Pour plus d’information sur la prévention de la violence sur Internet, consultez l’article Internet : un danger pour les enfants ?

Vous pouvez également compléter votre lecture en lisant l’interview de Bettahar Ouidade.

DRISSI Fatima



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